Prénoms des immigrés
Il existe une controverse scientifique entre Coulmont et Simon d'un côté, et Mignot de l'autre, suite à l'article « Quels prénoms les immigrés donnent-ils à leurs enfants en France ? » (
Population & Sociétés, 2019) signé par les premiers. Leurs échanges de courriel, sur plusieurs années, ont été
rendus publics par Mignot 
(pp. 95 sq.). On y lit des choses intéressantes sur l'accès aux algorithmes de traitement et aux tables de correspondance utilisées par les chercheurs dans leur article. Plusieurs interlocuteurs (chercheurs, direction, comité éditorial, référent déontologie, affaires juridiques…) étant sollicités, voici un florilège des arguments qui ont été opposés à la demande d'accès formulée par Mignot :
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motivation de la demande : "Ce que vous demandez est le partage d’un outil de recherche alors même que vous ne participez pas à un programme de recherche commun. La mise à disposition des données ne comprend pas les constructions de variables que nous avons opérées à des fins d’analyse, ce qui est normal dans le cadre de grandes enquêtes quantitatives. Nous partageons nos outils personnels de recheche dans le cadre d’un travail commun, or vous ne vous inscrivez pas dans ce cadre. Donc votre demande mérite réflexion. Donnez moi un bon argument pour que je vous épargne la tâche de faire votre propre classification onomastique, alors même que je n’ai aucune connaissance de votre agenda de recherche ?"
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propriété intellectuelle : "Il apparaît que les classifications que nous avons réalisées relèvent de la propriété scientifique (un peu du même ordre qu’un brevet) et que nous devons établir une licence d’exploitation pour vous autoriser à les utiliser."
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embargo : "La codification réalisée par MM. Coulmont et Simon (…) viendra enrichir la
base TeO 
d’ici 1 an, période communément admise en SHS pour la mise à disposition des données."
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confidentialité : "votre demande de transmission de données confidentielles, à savoir la table de passage des prénoms à leur position dans la classification, nous vous avons indiqué qu’elle ne vous sera pas directement transmise, et le cas échéant certainement pas via une plateforme non sécurisée comme We Transfer. Je laisse les correspondants éthique du CNRS et de l’Ined apprécier cette demande pour le moins étonnante."
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droit des contrats : "L’Ined a demandé à H&S, qui est une entreprise privée, de produire des classifications onomastiques suivant des typologies d’origine. Ces classifications ont été achetées à H&S et sont la propriété de l’Ined. (…) Dans l’état actuel du droit de la propriété, je ne vois pas selon quelle norme H&S ou l’Ined devraient vous fournir un équipement scientifique pour lequel un contrat a été signé."